Sur ce blog, vous trouverez des billets sur les livres que j'ai aimé, les films qui m'ont marqué, les musiques qui me font réver, mes séries préférées et autres actualités culturelles que je souhaite partager.
Fidèle à son engagement, Ken Loach propose là encore un film à fort caractère social.
A Glasgow, des jeunes délinquants sont condamnés à des travaux d'intérêt général et sont pris en charge par Henri, leur éducateur, qui les initiera secrètement à l'art de déguster le whisky. Robbie, tout jeune père, veut tourner une page sur son passé de délinquant mais se fera sans cesse persécuter par ses rivaux. Grâce à Henri, et après quelques visites de distilleries, il va se découvrir un « nez » pour le whisky et apprendre ce qu'est "la part des anges", c'est à dire la part d'alcool qui s'échappe des fûts de whisky.
Avec ses compères, Robbie va être à l'origine d'un périple en kilts à travers la campagne écossaise à la recherche d'un whisky exceptionnel en vue d'en tirer des bénéfices et de pouvoir prendre un nouveau départ...
Tous les personnages sont interprétés avec beaucoup de justesse, ni bons ni mauvais, juste humains, ils ont des trognes qu'on ne peut oublier. Ken Loach veut démontrer dans ce film que chacun peut avoir droit à une deuxième chance, un espoir de rédemption.
Emouvant par moment, souvent drôle et décalé, ce film est une sorte de fable sociale, un hymne à la vie.
Voilà je l’ai fini le livre sans fin, commencé il y a des mois ! Il m’aura fallut du temps (et de la persévérance par moment) pour achever Un monde sans fin de Ken Follet, l’auteur du superbe Les Piliers de la Terre que j’avais dévoré il y a quelques années.
Je dois toutefois avouer il m’aura fallut cette fois plus de ténacité pour venir au bout de ce pavé de 1287 pages.
On retrouve dans ce roman historique les mêmes ingrédients que dans Les Piliers de la Terre, un récit très bien documenté, des personnages auxquels on finit vite par s'attacher, des scènes épiques, des intrigues chevaleresques... Toutefois, certains chapitres m'ont semblé vraiment trop longs (la description des rivalités au sein du prieuré est certes primordiale pour le déroulement de l'histoire mais m'a semblé interminable) et les personnages sont un peu trop caricaturaux.
Là aussi, l'histoire se passe à Kingsbridge, petite ville d'Angleterre en plein essor. (On retrouve d'ailleurs cette ville dans de nombreux romans de Ken Follett, quelle que soit l'époque !) On suit ici les aventures des personnages principaux, Merthin, Caris, Gwenda, Ralph dès leur plus jeune âge et jusqu'à l'aboutissement de leur vie. Chacun nourrit des ambitions différentes et verra son destin chamboulé à de nombreuses reprises. Le jeune Merthin, doux et intelligent deviendra un des plus grands bâtisseurs de cathédrales, Caris jeune fille idéaliste dont il est, dès le début, très proche, rêve d'apprendre les fondamentaux de la médecine, discipline réservée aux hommes et de diriger un hospice. Tous deux sont prédestinés à vivre ensemble, or, tant d'évènements viendront à les séparer qu'on se demande quand enfin le destin finira par les réunir!
Ralph, le frère de Merthin, deviendra un jeune homme violent rêvant de batailles sanglantes, de gloire et de richesse et la jeune Gwenda issue d'une famille de voleurs, aspirera simplement à être libre mais verra malheureusement son espoir souvent contrarié. Or, le destin fera de ces deux personnages des rivaux qui se détesteront.
Une foule de personnages "secondaires" marquent également ce roman, comme le prieur Goodwin, le fourbe Philémon, la courageuse Marge la Tisserande, etc.
La richesse de ce roman est, comme dans Les Piliers de la Terre, sans aucun doute la mine d'informations historiques qui y figurent : des détails sur la vie quotidienne à l'époque, les croyances, l'importance du clergé et du prieuré au sein de la ville, le développement du commerce, la découverte de nouvelles techniques (comme la teinture de la laine par exemple), les épidémies de peste dévastatrices et les prémices d'une nouvelle médecine, l'apparition de villes "libres" indépendantes du clergé, le rôle du roi, des comtes....
Le talent de Ken Follet consiste à raconter la vie de ses héros en maintenant toujours un certain suspens, le tout en nous renseignant avec justesse sur la vie médiévale et les enjeux de l'époque et en rédigeant des intrigues très bien ficelées.
On peut juste regretter que l'intrigue initiale, par laquelle s'ouvre le roman et qui semble importante (les quatre enfants cités plus haut sont témoins d'une scène tragique dans la forêt dont ils doivent garder le secret) soit traitée rapidement à la fin du roman.
J'ai découvert Laurent Gaudé en lisant le magnifique roman Le soleil des Scorta, récit brûlant retraçant l'histoire d'une famille d'un village du Sud de l'Italie qui lui valu le prix Goncourt 2004. En 2010 est paru Ouragan un récit fort sur l'arrivée d'une catastrophe et la survie d'une ville en pleine désolation.
Ce roman raconte l'arrivée d'un ouragan dans une petite ville de la Nouvelle Orléans, on fera vite le rapprochement avec l'ouragan Katrina qui dévasta cette région. Avec une écriture simple mais magnifique, Laurent Gaudé s'attache à décrire les émotions de plusieurs personnages, passant de l'un à l'autre, les rendant vite attachants. On suivra avec émotion Keanu qui s’engouffrera au cœur de la catastrophe pour retrouver celle qu'il a toujours aimé et ce père qui veut sauver ses enfants ou bien encore ce groupe de prisonniers qui se retrouve livré à lui même au milieu d'une ville désertée... Tous vont être amenés à se croiser.
Un roman qui fait réfléchir sur l'amour, la fidélité, le sens de la vie, la naissance de sentiments nouveaux à l'approche d'un cataclysme. Une écriture percutante pour un roman bouleversant.
Un peu d'électro pour revenir de vacances et se remettre dans le bain (ou pour ceux qui y vont !)avec ce duo new-yorkais, dont (au moins) l'un des deux est toujours à la guitare, l'autre à la platine ou aux divers instruments. Des mélodies électros parfaites pour une ambiance festive et détendue, des fois entrainantes, des fois plus lentes mais toujours beaucoup plus réfléchies.
Depuis leur premier album sorti en 2004, trois autres sont sortis, mon préféré étant Classics sorti en 2006.
Vue en concert à Strasbourg à l’automne 2011, le groupe ne manque pas d’imagination pour mettre en avant sa musique, les décors sont très travaillés, des visuels passent en continu, aussi bien des images que des clips, chaque musique est introduite par des sons piochés à droite et à gauche, les éclairages sont parfaits. Un groupe qui sait l’importance du contexte et de la mise en ambiance dans un concert, et cela, loin d’être superflu ou kitch comme cela pourrait l'être, était parfaitement réussi et le public était conquis.
Dernier billet avant deux semaines de vacances! Toutefois, pendant que je serai en train d'explorer une jolie île de la Méditérannée, voici des idées d'évènements sympas à
voir sur Strasbourg en juin.
Le festival Contre-temps
du 6 au 17 juin, avec des concerts électros, des scènes grooves,
des rencontres, des expositions d'art de la rue, notamment l'expo « sans conservateur » à la meinau où vous pourrez voir des graffeurs en pleine action et contempler de grandes fresques sur les murs d'une ancienne usine.
Le Quai aux livres à Strasbourg : les 16 et 17 juin, les bouquinistes proposeront des vieux livres le long
du quai Dietrich, intéressant si vous êtes à la recherche de raretés!
Fous d'images du 1er au 17 juin, avec des expositions, des ateliers et des conférences dans les médiathèques et musées de la Communauté Urbaine de Strasbourg autour de l'illustration, de la photo, des bandes-dessinées et mangas.
A voir notamment à la médiathèque Malraux l'exposition La Fabrique de l'artiste - bricoleur - illustrateur Christian Voltz, qui fait preuve d'une grande imagination en réalisant à partir d'objets récupérés des personnages loufoques et poétiques et des installations originales
A voir encore l'expo Mignon
mais pas trop au centre d'illustration de la médiathèque
Malraux, L'abécédaire de la colère à la médiathèque Olympe de
Gouges, L'album ornithologique à la médiathèque
Sud et de nombreuses autres !
Vous pourrez rencontrer près de 80 auteurs et dessinateurs de BD, découvrir des expositions ou participer à des ateliers de dessin. Cette année le pays invité est l'Allemagne et une dizaine de dessinateurs allemands viendront spécialement pour l'occasion.
Un peu de théâtre avec le festival Premières, jeunes metteurs en scène européens qui a lieu du 7 au 10 juin au TNS et au Maillon. Ces rencontres autour du théâtre proposent 4 jours de marathon théâtral, 9 spectacles, 22 représentations...
Voici donc de quoi passer de bons week-end de juin dans la région. A très bientôt!
Si vous avez envie de vous détendre, vous plonger
dans vos pensées, ou simplement d'apprécier une belle voix, je vous conseille de vous (re)plonger vous dans les disques de Lhasa, jeune chanteuse mexico -
américaine malheureusement décédée en 2010 des suites d'un cancer.
Elle aura laissé trois magnifiques albums,
profonds, poétiques, plein de mélancolie, où elle alterne aussi
bien les chansons en anglais, en espagnol et en français. Les mélodies oscillent entre les genres, entre blues, jazz et folk, toujours supplantées de sa jolie voix.
Quelques extraits de l'album The Living Road, qui est mon préféré :
Une chanson en français:
"La Confession"
Une chanson en anglais:
"Anywhere on this road"
et une en espagnol
version live acoustique de "La Frontera"
Toute sa biographie et sa discographie sont sur son site Internet.
et bien, je n'ai pas été déçue par
Moonrise Kingdom film où on retrouve l'univers particulier du cinéaste.
Bande-annonce:
On est en 1965, sur une île de la
Nouvelle-Angleterre, les paysages marins sont dignes d'une carte
postale, le filtre est légèrement jauni, voire flou, pour souligner
le regard nostalgique porté par Anderson sur ses personnages. Au début
du film, des scènes de vie familiale sont filmées les unes après
les autres pour s'en éloigner progressivement, comme s'il s'agissait
d'une pièce de théâtre, d'une maison de marionnettes... Un personnage ressemblant sensiblement au capitaine Cousteau fait des commentaires en aparté sur la géographie de l'île, l'environnement.On est entre le conte, le film d'animation, le documentaire et le film d'auteur.
Moonrise Kingdom c'est l'histoire de deux "pré-adolescents" qui décident de fuir pour vivre leur amour loin du
monde des adultes qu'ils ne comprennent et celui des enfants dont ils
ne font plus partis.
Sam, jeune scout débrouillard,
orphelin marginalisé, à la recherche d'aventures, rencontre Suzy,
jeune et jolie fille de bonne famille jugée dépressive par ses
parents, qui elle aussi recherche des repères.
Ensemble ils sont heureux, ils se sentent invulnérables et décident
de s'enfuir et de vivre leur propre aventure grâce à la
débrouillardise du jeune Sam. Mais ils ne cesseront d'être
poursuivis par les adultes. Une quête d'aventure, de
bonheur, un mélange de Tom Sawyer et de Guerre des boutons mais
avec davantage de justesse, un regard d'une grande tendresse sur l'enfance et la naissance du sentiment amoureux.
Le film est truffé de détails, le
look des deux enfants génial, les personnages des scouts très réussis,
un chaton qui devient vite la mascotte du film, des acteurs qui étonnent (Bruce Willis dans le rôle du policier d'une grande
sensibilité, excellent Bill Muray en père dépassé, Edward Norton en chef scout...)
De plus, les dialogues regorgent de poésie
et sont d'une grande intelligence.
Moonrise Kingdom c'est le triomphe d'une enfance où tout est
possible. Des thèmes sérieux (l'amour, l'amitié, l'abandon, la mort...) mais abordés avec un regard attendrissant par Anderson qui n'hésite pas à faire des situations initialement dramatiques des scènes exagérément décalées, voire drôles. A noter également une bande originale très réussie, la musique a une place importante tout au long du film, dès le début avec l'analyse d'un morceau de Benjamin Britten en passant par le disque préféré de Suzy, celui de Françoise Hardy...
Bref, on en ressort ravis.