vendredi 5 avril 2013

Belle découverte musicale avec Whitey et Strokes qui peut!

Whitey

Certaines séries comme Breaking Bad (lire mon billet du 12/05/2012 sur cette série iciont la particularité de proposer toujours des bandes sons bien choisies, permettant de découvrir ainsi de nouveaux groupes. C'est donc en regardant la dernière saison en français de Breaking Bad (enfin la première partie, puisque maintenant les producteurs font durer le suspense en coupant les fins de série en deux...) que le titre Stay on the outside a retenu mon attention. Un rapide coup de Shazam permet donc de découvrir Whitey et d'apprendre, après quelques recherches sur le net, que ce jeune homme est en fait un journaliste, graffeur et musicien londonien, qui a sorti ses premiers singles en 2003 avant de sortir 5 albums par la suite !


Le titre Stay on the outside est une pépite rock qui se rapproche des Strokes et de Bloc Party avec un rythme entêtant. Sa musique a été choisie pour la BO de plusieurs séries (les Experts, Les Soprano, Breaking Bad...) ce qui a permis à Whitey d'obtenir une certaine notoriété.


En écoute libre sur son site, ses derniers albums sont clairement plus pop tendance électro. Extrait de son dernier album (Lost Summer), on a envie de danser sur Brief and Bright et on se détend sur le super morceau People à la fois pop, électro mais calme.


et le titre Lost summer est là aussi beaucoup plus électro !

L'album Canned Laughter est lui plus rock. Le titre qui a donné le nom à l'album est d'ailleurs un morceau que je qualifierai d' "electro - rock - burlesque" assez étonnant :


Autres musiques qui sortent du lot : Liars, Vipers, Jokes and Fakes, le joyeux I had a wonderful night (it just wasn't this one). Mais le mieux c'est de tout écouter sur le site et de se faire sa propre idée.

Bref, une belle découverte musicale!

The Strokes, nouvel album

Et en parlant des Strokes, ces derniers viennent de sortir leur nouvel album. Comme beaucoup de groupes, une fois qu'ils ont commencé fort -avec notamment deux premiers super albums rock en 2001 et 2003-, on est souvent un peu déçu par la suite. Aussi, ce cinquième album, Comedown machine, me semble plus fade que les premiers opus, le groupe ayant pris un sérieux virage pop.


Dès l'écoute du premier titre, Tap Out, on se demande si ce sont bien les Strokes qu'on entend ! En effet, où est passée la voix rocailleuse de Julian Cassablancas? Le deuxième titre (All The Time) ressemble plus à du Stokes qu'on connait, avec leurs rythmes étirés et cette voix désabusée. C'est à mon sens le meilleur titre de l'album, même si on est loin des tubes des deux premiers albums.


Partners in Crimes ressemble aussi aux Strokes qu'on aime, mais avec un refrain très pop!
La chanson One Way Tiger n'est pas mal non plus, surtout quand on regarde en même temps cet extrait bien connu de Rabbi Jaccob, c'est vraiment drôle! Mais quelle drôle de voix aiguë a Julian Cassablancas là encore !


Les autres titres sont tous très "pop" comme Welcome to Japan, Chances, ou the 80' Comedown Machine titre interminable et un peu pénible... Quelques exceptions comme le titre 50/50 où le chanteur s'époumone carrément mais pour un résultat bien décevant. Ou Slow Animals où sa voix se fait aérienne et un peu lointaine.
Dans l'ensemble, c'est donc un album un peu décevant...

Et voilà comment faire un billet où l'on parle musique tout en citant Breaking Bad et Rabbi Jaccob !

- Whitey : tous les titres en écoute sur son site njwhitey.bandcamp.com

mercredi 3 avril 2013

Embarquement dans une comédie déjantée!

Les amants passagers

On dirait que Pedro Almodovar s'est fait plaisir sur ce film, comme s'il avait décidé de se lâcher et de faire un film complètement loufoque et déjanté pour décompresser du non moins décalé mais oppressant Le Piel que Habito. Loin des magnifiques films que furent Parle avec Elle, Tout sur ma mère et Volver, Almodovar a réalisé ici une pure comédie, légère et décalée.

Les amants passagers est un film... passager : celui-ci ne va pas marquer la filmographie d'Almodovar mais il n'est pas non plus déplaisant à regarder.


L'histoire : un avion devant assurer la liaison Madrid-Mexico doit faire face à un problème technique. En attendant d'avoir les instructions pour atterrir en urgence, l'appareil tourne en rond au dessus de La Mancha en Espagne... Afin de ne pas éveiller les soupçons des passagers, le personnel constitué de stewards gays complètement barges et de pilotes à l'air très sérieux (mais à l'air seulement!) ont endormi les passagers de la classe éco. Seuls quelques passagers de la Business Class finiront par découvrir le problème technique. Tous sont des personnages hauts en couleurs comme les aime Almodovar : une voyante d'une quarantaine d'années qui a un sixième sens pour détecter la mort et cherche à perdre sa virginité, une bourgeoise paranoïaque, un étrange mexicain, un homme d'affaire à la recherche de sa fille, un vieux play-boy qui jongle entre ses maîtresses et un couple de jeunes mariés. Tous ont un secret que l'on va découvrir au court de ce court voyage.


Afin de détendre l'atmosphère et d'occuper les passagers, les stewards mettent une ambiance de folie,  digne d'une fin du monde, qui sera vite communicative : un mélange d'alcool, de drogues et de sexe ... Si Almodovar ne fait pas dans l'humour très classe (c'est le moins qu'on puisse dire!) je dois bien reconnaître que ces stewards excentriques m'ont bien fait rire, notamment lors de leur chorégraphie sur la musique des Pointer Sister (I'm so excited) !


Cela m'étonnait que Peneloppe Cruz et Antonio Banderas, ses acteurs fétiches, ne soient pas en tête d'affiche. Mais Almodovar n'a pas pu résister à leur présence et leur a dédié une courte scène au début du film.

Bande annonce:

Le scénario ne casse pas des briques. Mais pour un huis-clos dans un avion Almodovar s'en sort plutôt bien (en parallèle il y a quand même quelques scènes qui se passent quelque part dans Madrid). Il parvient à maintenir un certain suspense en dévoilant au fur et à mesure les secrets improbables de ses personnages. Ce sont surtout les situations cocasses, l'humour trasch et l'ambiance kitch qui font des Amants passagers un bon divertissement. Mais, attention, il faut prendre ce film au dixième degré, toutes les situations sont plus dingues les unes que les autres et les personnages complètement caricaturaux !

De plus, la bande son est bien choisie, avec notamment un super morceau au générique de fin : (The Look) de Metronomy.
Dans l'ensemble, c'est donc un film moyen mais sympathique.

dimanche 31 mars 2013

Pom pom pidou

Visite du Centre Pompidou Metz

Après en avoir beaucoup entendu parlé, j'ai pu visiter dernièrement le centre Pompidou de Metz qui a ouvert en mai 2010. Situé à coté de la gare, le bâtiment est visible de loin et se démarque par une architecture originale.

Le bâtiment :

Les architectes Shigeru Ban et Jean de Gastines ont dessiné un toit en toile blanche sur une charpente en bois et l'ensemble constitue un bâtiment lumineux. Ce premier exemple de musée décentralisé ressemble ainsi a une sorte de temple de la culture moderne.



A l'intérieur, l'ossature en bois clair donne un coté chaleureux. Toutefois, j'ai été frappée par le grand nombre d'espaces vides à l'intérieur, déjà un immense hall d'accueil où la température frôle celle de l'extérieur (et où le personnel travaille avec pulls et écharpes !) et seule la moitié de l'espace d'exposition semble utilisée.


Par contre, si architecturalement l'ensemble est sympa, cela n'a pas l'air hyper solide puisque le toit en toile blanche s'est en partie écroulé sous un amas de neige ! 


Les expos : 

L'exposition s'intitule "Une brève histoire des lignes". "Élargissant la définition stricte du dessin, elle (l'exposition) explore la manière dont les lignes s’inscrivent dans notre quotidien et notre environnement. Qu’elles soient pérennes ou éphémères, physiques ou métaphoriques, elles sont omniprésentes : dans le geste de l’écriture, les sillons du paysage ou encore le sillage laissé par nos gestes et trajectoires." C'est en partie le minimalisme qui est à l'honneur, mais pas seulement. Cette exposition regroupe 220 œuvres et beaucoup de pointures comme Kandinsky, Marcel Duchamp, Man Ray  pour les plus connus, les autres artistes m'étant inconnus. L'omniprésence de lignes, de traits, qui définissent une bonne partie de la création contemporaine, c'est ce qui est démontré ici.

Si certains tableaux me laissent perplexe (J'avoue ne pas être béate d'admiration face à une toile blanche traversée de quelques lignes noires...), certaines oeuvres ont quand même retenu mon attention.

Léon Ferrari et ses héliographies "architectures de la folie". Cette toile représente des petits personnages vus d'en haut dont la ligne semble toute tracée.


Olafur Eliasson et ses tableaux noirs avec des lignes blanches qui font penser à des oscillogrammes ; des tableaux qui ressemblent plus à des photos :


Kisho Kirukawa est un architecte japonais qui s'inspire du fonctionnement du corps humain pour ses oeuvres où les lignes ressemblent à des artères. D'où ces esquisses dignes d'une école de médecine :


L'étonnante oeuvre gigantesque de Christo et Jeanne-Claude, artistes célèbres pour leurs empaquetages géants. Ils ont réalisé une ligne de voile haute de 5,5 mètres qui s'étale sur 40 km dans les collines californiennes!



Ou encore les 51 photos de bottes de l'américaine Ellanor Antin. Elle a photographié une centaine de bottes  formant des lignes dans des lieux divers et insolites en 1973. Toutes les photos (plus originales les unes que les autres !) sont visibles sur ce site.


Bruce Conner et ses tableaux sombres constitués de milliers de points et de lignes recourbés. Sans trouver cela beau, on peut quand même être étonné par le temps qu'il a dû passer à faire ces fresques géantes...


Cette fresque murale géante constituée de milliers de lignes fait penser à la sève d'un arbre.


Expo Sol LeWitt

La seconde exposition est consacrée à l'artiste américain conceptuel et minimaliste Sol LeWitt (1928-2007) et présente ses oeuvres murales constituées de lignes. De prime abord on est un peu surpris de voir que ces oeuvres sont en fait une série de lignes et de formes géométriques en tous genres.


Un mur contenant des dizaines de carrés constitués eux même de carrés tous différents...


De grands murs de lignes circulaires ou droites noires et blanches produisant un effet hypnotisant :





A la fin de l'exposition, un film explique comment a été réalisée cette exposition par les élèves des écoles d'art de la région. Ceux-ci ont suivi fidèlement les conseils du chargé d'exposition qui s'appuie sur le travail et les mesures ultra-précises qu'a prises l'artiste pour réaliser ces grandes fresques. Celles-ci ont été reproduites à l'identique sur les murs du centre Pompidou - Metz. Cette vidéo est vraiment intéressante mais je trouve qu'il serait plus judicieux de la voir au début de l'exposition pour mieux comprendre les œuvres ensuite !

Ces deux expositions sont visibles jusqu'au 1er avril.
Les prochaines expositions :
- à partir du 17 mai "Vues d'en haut" une exposition consacrée aux images aériennes ;
- à partir du 31 mai, une exposition numérique consacrée à la Beat Generation.

Centre Pompidou Metz
1, parvis des Droits-de-l’Homme
CS 90490
57020 Metz Cedex 1
Tél : +33 (0)3 87 15 39 39

mercredi 27 mars 2013

La généalogie au service de la police

Code 1879

Dan Waddel est un journaliste anglais, fils d'un célèbre animateur de TV. Lors de la naissance de son fils il y a 10 ans, il s'est lancé dans des recherches généalogiques sur ces origines et a découvert un secret de famille.  Il s'est intéressé de plus près à la généalogie et en particulier à la psycho-généalogie, c'est à dire à l'influence que peut avoir le passé sur la construction de soi et la personnalité. Il s'est ensuite lancé dans l'écriture et a publié ce premier roman policier, plutôt réussi, en  2010.

Cette brève présentation de l'auteur explique le sujet de son premier ouvrage, Code 1879. C'est un roman policier qui nous plonge dans les abîmes de Londres. Un roman noir, très bien documenté, qui fourmille de références historiques sur la capitale britannique. 


L'inspecteur Foster, bougon et solitaire, doit faire face à des meurtres étranges : des victimes sont retrouvées poignardées et mutilées et sur leurs corps figurent d'étranges inscriptions... Ne parvenant pas à résoudre ce mystère seul, l'inspecteur fait appel à un généalogiste, Nigel Barnes, sur les conseils de sa collègue Heather. Celui-ci va les aider à éclaircir ce mystère et sera vite passionné et emporté par tout ce qu'il va découvrir. Ensemble, ils remarqueront alors qu'un série de meurtres a frappé Londres en 1879 et que le passé semble se reproduire aujourd'hui.

Dan Waddel nous plonge dans l'Angleterre victorienne, à la fin du 19ème siècle. Le roman est truffé de références à l'histoire et aux moeurs de l'époque. C'est un livre original puisqu'ici l'enquête avance principalement grâce aux recherches généalogiques. Loin des scènes d'action de nombreux romans policiers, ici c'est l'étude de coupures de journaux, d'actes de naissances, de mariages ou de décès dans des salles d'archives ou des bibliothèques qui permettront de résoudre le mystère.

En plus d'une enquête passionnante, ce roman brosse un portrait de deux hommes influencés par leur passé : l'inspecteur  Foster hanté par la mort de son père mais ne s’intéressant pas du tout à la généalogie et ignorant tout de ses origines et Nigel Barnes le généalogiste, adopté, il ne connait rien de ses origines et se passionne donc pour le passé des autres... Tous deux seront touchés de prêt par cette affaire.

Finalement, ce n'est pas une, mais deux intrigues policières qui seront résolues grâce à la généalogie. Tout au long du roman, on a hâte de savoir quel est le lien entre ces deux affaires que 150 ans séparent ! Un roman  vraiment bien construit et une fin surprenante !
L'auteur parvient à maintenir le suspens tout au long de l'histoire. Sans être non plus exceptionnel, c'est un bon roman policier qui donne une place royale à la généalogie!

lundi 25 mars 2013

Quand l'espionnage frôle l'introspection.

Voici encore une série d'espionnage dans la société américaine post 11 septembre. Mais celle-ci date de 2009 et donc bien avant Homeland
Rubicon, c'est une seule saison comprenant 13 épisodes de 45 minutes environ. Faute d'audience, elle n'a malheureusement pas eu de suite...
Une série originale qui se distingue par un style sobre, des personnages tourmentés et authentiques, un rythme lent mais qui parvient à maintenir un suspense permanent.



On est plongé au coeur de l'API, une agence privée qui fournit des renseignements au gouvernement dans le domaine de la lutte anti terroriste. On suit le travail minutieux d'une équipe d'analystes qui  fouillent des milliers de données pour trouver l'information leur permettant de déjouer un prochain attentat. Mais ici le travail c'est de la réflexion, de l'analyse, leur outil de travail c'est leur cerveau et non les derniers gadgets technologiques. Le temps n'est pas à la précipitation mais à l'introspection. Rubicon est avant tout une série cérébrale.

La série s'ouvre sur le suicide d'un vieil homme qui laisse un trèfle à quatre feuilles sur son bureau... Une énigme pour sa femme qui cherchera à comprendre ce qui l'a poussé à un tel geste.
Quelques jours plus tard c'est le chef d'équipe de l'API et mentor de Will Travers qui meurt dans un accident dramatique. Will découvre des indices laissés par ce dernier avant sa mort qui lui laisse penser que cet accident n'en était peut être pas un. Comme par exemple d'étranges mots croisés parus dans les journaux... Il décide d'enquêter secrètement sur la mort soudaine de son ami. Cependant, il va vite se rendre compte qu'il ne doit faire confiance à personne, tout le monde devient suspect dans ce qui semble être une terrible machination... En parallèle, Will prend la place de son ami défunt en tant que chef d'équipe d'analystes de l'API et poursuit sa quête officielle qui est la traque de terroristes. 

Trailer :

Dans cette série, on est plongé dans le quotidien de ces agents secrets névrosés, débraillés et en manque de sommeil, bien loin de l'image du James Bond en costar-cravate ou d'un Jack Bauer sautant dans tous les sens. Un patron de l'API complètement cynique et désabusé, de multiples énigmes, des personnages ambigus, une paranoïa permanente...


Les protagonistes sont présentés avec leurs doutes et leurs faiblesses. On s'attache par exemple à cette nouvelle analyste qui a du mal à assumer les conséquences qu'implique son travail. Un passage mémorable de cette série est lorsque l'équipe de 4 analystes doit, d'après les faits, confirmer si oui ou non un terroriste se trouve dans un village au Proche-Orient, leurs conclusions impliquant la frappe d'un drone piloté à des milliers de km de là qui anéantira le village, causant alors la mort de nombreux civils (nommés avec froideur  "dommages collatéraux"). Un dilemme entre rigueur professionnelle et morale. Ou comment le sort de dizaines de civils au Proche-Orient dépend de quelques analystes new-yorkais.

Une série toute en retenue, une réalisation sobre mais oppressante, un scénario rigoureux mais qui fait réfléchir car les silences en révèlent autant que les dialogues. On se laisse vite prendre au jeu de cette double intrigue (l'enquête officielle sur les terroristes et  la recherche du complot) profondément ancrée dans le monde réel.

Autant prévenir qu'on ne ressort pas vraiment optimiste à la fin de cette série : tout y est noir, cynique, joué d'avance... 

Et pour la petite histoire, la série porte ce nom en référence à un petit fleuve au nord de l'Italie nommé Rubicon. Jules César fit traverser ce fleuve à son armée en - 49 avant J-C malgré l'interdiction du Sénat Romain de le traverser. Par cet acte il déclara la guerre au Sénat. Au moment de traverser le Rubicon, il s'exclame : "Anerrifthô Kubos" ce qui signifie "le sort en est jeté". Désormais, plus rien ne peut arrêter Jules César : il entrera dans Rome, évincera Pompée et, au terme d'une longue guerre civile, soumettra l'ensemble de l'Empire romain en devenant dictateur à vie.

Une métaphore bien trouvée que l'on comprend d'autant plus à la fin de la saison.

Rubicon / série américaine réalisée par Jason Horwitch (2010). - Avec James Badge Dale, Jessica Collins, Lauren Hodges...

jeudi 21 mars 2013

Osez un voyage au pays d'Oz

Parce qu'on est tous de grands enfants, parce que des fois c'est plaisant de se laisser porter vers des mondes fantastiques et que c'est d'autant plus appréciable quand c'est réussi, voici une présentation du dernier film de Disney, Le monde fantastique d'Oz.
Sam Raimi a réalisé ce prélude au célèbre conte adapté en film, Le magicien d'oz, et raconte ici l’arrivée du magicien au merveilleux pays d’oz. Ce film se démarque par son grand écart technologique : un hommage au cinéma d'antan avec une introduction en noir et blanc très esthétique, et l'utilisation de la 3D, à bon escient pour une fois, sans être superflue et trop tape à l'oeil.


Dès le générique au début, on est frappé par le coté artistique et harmonieux du film : un décor de théâtre en carton qui s'ouvre puis se referme à l'infini, mélangeant habillement la 3D et le noir et blanc.

Bande-annonce:

La première partie du film qui introduit l'histoire est en noir et blanc et on découvre ce magicien (superbement interprété par James Franco) bonimenteur, dragueur et égoïste, qui joue des tours aussi bien dans sa vie privée que dans ses spectacles jusqu'à ce qu'il soit obligé de fuir ses mensonges et se retrouve dans une montgolfière prise dans une tornade... 
C'est lorsqu'il arrive au pays d'Oz qu'arrive la couleur, comme le début d’une nouvelle vie pour ce vrai faux magicien. Des couleurs multiples et étonnantes, on est ébloui par les somptueuses fleurs qui s'ouvrent sur le passage du magicien, les créatures fantastiques, la végétation luxuriante...


Le magicien fait alors la rencontre d'une jolie sorcière (Mila Kunis) qui lui annonce qu’il est l'élu tant attendu pour vaincre la méchante sorcière et sauver le peuple d'Oz. Elle l'amène au château pour lui présenter sa sœur la reine et toutes deux lui demandent de vaincre une "méchante sorcière" (la jolie Michelle Williams) s'il veut être roi et avoir droit au trésor du royaume! Il y voit l'opportunité d'obtenir gloire et richesse, quitte à mentir et laisser croire tout un peuple en ses supers pouvoirs...


Le monde fantastique d'Oz est un véritable conte qui se distingue toutefois par le fait que rien n'est tout noir ou tout blanc, tous les personnages ont quelque chose de profondément humain. De plus, on se joue ici beaucoup des apparences. En effet, la "méchante sorcière"ou les "gentilles" ne sont pas forcément celles qu'on croit, le magicien tant attendu ne pense pas être à la hauteur des espérances du peuple d'Oz... Or, comme il est dit à de nombreuses reprises tout au long de l'histoire : il faut croire en soi pour être ce que l'on souhaite, on devient ce que l'on veut, l'essentiel c'est d'y croire... Un beau message d'espoir en tout cas.

De superbes paysages et décors, trois sorcières sexy, (puis une laide) un magicien pas mal non plus, un singe ailé hilarant, une poupée de porcelaine espiègle, des personnages magiques et fantastiques...


Dans l'ensemble, c'est un bon divertissement pour petits et grands, malgré quelques longueurs et quelques scènes nunuches à prendre au second degré !



mardi 19 mars 2013

Wadjda

Un film saoudien réalisé par une femme, voilà qui a déjà de quoi éveiller l'attention et changer un peu des films français ou américains. La réalisatrice de 39 ans, Haifaa al-Mansoura, a du faire avec les contraintes de son pays pour tourner le film : si elle a eu l'autorisation de tourner, elle ne devait pas se montrer dans la rue et tourner à distance (cachée dans une camionnette!). De plus, l'exploitation de son film dans son pays est quasi nulle puisqu'il n'y a pas de salle de cinéma...


On a forcément pas mal de préjugés sur la vie dans un régime islamique. Wadjda dresse un portrait juste et tendre d'une famille ordinaire en Arabie Saoudite.

Bande annonce :

Wadjda est une fillette d'une dizaine d'années qui rêve de s'habiller à l'occidentale, de mettre du vernis à ongle, d'écouter du rock et surtout, surtout de faire du vélo librement dans la rue comme son ami Abdalah. Mais en Arabie-Saoudite, la vie n'est pas simple pour les femmes. Dès leur plus jeune âge, les filles doivent apprendre leur rôle : tenir un foyer, se faire le plus discrète possible, ne pas rire en public, ne pas sortir sans foulard puis, plus tard sans nihbab, ne pas conduire de voiture et bien sûr ne pas faire de vélo... Autant de contraintes qui ne rendent pas la vie simple à la jeune Wadja.
Mais cette petite fille intrépide et déterminée fera tout pour obtenir un vélo et apprendre à en faire, même si tout le monde s'évertue à lui dire que c'est peine perdue pour une saoudienne! 

A travers des scènes de la vie quotidienne de la famille et de l'école, la réalisatrice nous montre ce qu'est la société saoudienne aujourd'hui.

La mère de Wadjda est une femme encore jeune et très belle, décontractée et bien habillée à la maison mais qui devient une simple silhouette noire parmi tant d'autres dès qu'elle sort, puisque obligée de porter le nibhab comme toutes les autres femmes. Elle a un travail dans une école mais ne peut s'y rendre qu'en s'y faisant conduire par un homme. C'est une femme fidèle à la religion musulmane, qui connait des passages du Coran par coeur et tente d'élever sa fille dans ces traditions, tout en entretenant des relations vraiment affectueuses avec elle.
Son père lui, est absent la plupart du temps, même s'il est proche de sa femme et de sa fille, il envisage d'épouser une autre femme, comme le permet les traditions saoudiennes. 
La directrice de l'école coranique de filles est une femme à la fois dure et tendre avec ses élèves, elle prépare ces fillettes à l'entrée dans leur vie de femme en étant intransigeante sur les règles de la religion musulmane. C'est aussi une femme d'une grande sensualité.


Chaque femme ou fille de ce film se soumet à la loi coranique. Mais un coin de voile se lève pour chacune d'elle à un moment donné, que ce soit en fumant des cigarettes sur le toit pour la mère de Wadja, en allant travailler dans un hôpital où le nibhab n'est pas obligatoire pour une amie de la famille, en se maquillant discrètement, en ayant un amant pour la directrice d'école... A l'école coranique, les jeunes filles se vernissent  les ongles des pieds en cachette, Wadja vend des bracelets brésiliens aux couleurs des équipes de foot et dessine des vélos dans ses cahiers... Autant de messages d'espoir et de liberté.


Ce film n'est ni une comédie, ni un drame, encore moins un film d'action, simplement un beau film sur la société saoudienne d'aujourd'hui, le portrait d'une famille entre tradition et modernité.
Un film à la fois émouvant et drôle par moment, plein de tendresse et d'espoir, une immersion réussie dans la société saoudienne.

Wadjda / Réalisé par Haifaa Al Mansour ; avec Waad Mohammed, Reem Abdullah, Abdullrahman Al Gohani. Sortie le 6 février 2013