jeudi 18 avril 2013

Braquo, descente aux enfers pour la PJ

Zoom sur une série française, une fois n'est pas coutume!
Braquo est une série policière réalisée par Olivier Marchal et diffusée sur Canal +. (actuellement c'est la saison 2 qui passe). On est loin du glamour des série américaines, ici tout est noir et sombre, un drame succédant à un autre drame.


L'équipe de la PJ 92 doit faire face à l'inculpation puis au suicide de leur chef Max, poursuivi pour des débordements sur un suspect. Eddy Caplan, son ami et coéquipier, prend sa place et, avec son équipe, composé de Théo, Walter et Roxane, ils décident de trouver des réponses à sa mort. Ils vont malheureusement commettre une bavure et se retrouver dans un engrenage sans fin, les amenant à franchir les limites de la légalité. Ils tentent de poursuivre leur boulot de flics tout en fricotant avec le milieu du grand banditisme pour trouver des alliés provisoires et en essayant de semer les agents de l'IGS qui veulent les coincer... Mais à force de prendre toujours plus de risques, ils finiront par passer la ligne rouge.... En poursuivant leur vendetta ils vont faire des découvertes leur laissant présager un étrange complot...

le clan Caplan

Ces flics ont un look débraillé et parlent comme des chartriers. Chaque personnage a vraiment une "gueule", tous sont déjà marqués par la vie, déçus, cyniques, comme brisés par le métier de flics. Roxane, la plus jeune, perd vite ses illusions également. Certains trouvent refuge dans des vices, que ce soit la drogue, le jeu, les femmes... Mais, malgré les coups durs et les bavures de certains, ils se serrent les coudes car ils sont une "équipe", une "famille". Au fil des épisodes, on se rend compte que la limite entre flics ripoux et flics intègres est de plus en plus ténue. L'IGS, censée être irréprochable, utilise des méthodes douteuses elle aussi.

Eddy Caplan

Roxane

Les bureaux de cette PJ ressemblent à un squat, tellement le bâtiment est délabré et semble laissé à l'abandon. Au cours de leurs enquêtes, ces policiers vont croiser de nombreux paumés et figures du grand banditisme, il est d'ailleurs dès fois un peu difficile de se remémorer qui est qui,  les combines et alliances se multiplient et les rebondissements sont nombreux.

La réalisation est sobre, filmée de manière quasi documentaire, on sent qu'il y a du vécu derrière la réalisation. En effet, Olivier Marchal le réalisateur est lui même un ancien flic. Il fut policier à la PJ de Versailles de 1980 à 1982 puis passa ensuite quelques années aux renseignements généraux, section anti-terrorisme avant de rejoindre plus tard la PJ de Paris. En parallèle, il prit des cours de théâtre et eut ses premiers rôles au cinéma à la fin des années 80. Il quitta définitivement la police en 1994 pour se consacrer à la scène. Mais cette expérience de la police l'aura profondément marqué et il joua régulièrement le rôle de flic à la télévision et au cinéma. Il passe ensuite derrière la caméra et réalisa notamment 36 quai des orfèvres, Les Lyonnais, avant de se lancer dans la série Braquo en 2009.

Olivier Marchal sur le tournage:

Dans l'ensemble, j'ai trouvé que c'était une bonne série policière, les rôles de flics bourrus sont superbement interprété par les acteurs, le suspense est maintenu à la fin de chaque épisode, on se demande ce qui va encore leur arriver comme mésaventure et surtout comment ils vont réussir à s'en sortir ! Par contre, c'est vraiment très sombre et pessimiste, et dès fois on aimerait que les protagonistes apprennent à s'exprimer autrement qu'avec des insultes. La saison 1 finit fort et la saison 2 commence sur les chapeaux de roues ! Attention, âmes sensibles s'abstenir ! Toutefois, on attend la suite avec impatience.

Braquo fut récompensée aux International Emmy Awards en novembre 2012 en tant que meilleure série dramatique. La troisième saison sera prochainement diffusée sur Canal +.



mardi 9 avril 2013

Effets Secondaires

Steven Soderbergh revient avec un nouveau film, son avant-dernier avant de prendre sa retraite, comme il l'a annoncé récemment.


Effets Secondaires c'est l'histoire d'Emily, 28 ans, qui attend que son mari accusé de délit d'initiés sorte de prison. Tous deux doivent réapprendre à vivre ensemble, malgré les difficultés financières. Or, Emily souffre de dépression, une grande tristesse due à des évènements passés. Après avoir foncé volontairement dans un mur avec sa voiture, elle est prise en charge par le Dr Banks, un psychiatre plein d'empathie, magistralement interprété par Jude Law.


L'histoire tourne autour du personnage d'Emily et décrit son quotidien en tant que dépressive, mais aussi autour de celui du psy, tiraillé entre appât du gain et déontologie. Sa femme ayant perdu son emploi, il se démène pour enchaîner gardes à l’hôpital, les consultations de ses nombreux patients à son cabinet et accepte, en plus, de tester un nouveau médicament pour 50 000 dollars. Il prescrit différents traitements à Emily et lui fera finalement tester le nouveau médicament. Mais, après quelques semaines de traitement, Emily aura un geste irréparable, dû, notamment, aux effets secondaires...


La première partie du film est une analyse de la société américaine victime du mal du siècle : la dépression. Et le remède miracle : les antidépresseurs. Tout le monde semble prendre de ces petits cachets, que ce soient les collègues d'Emily, la femme du psy qui stresse avant son entretien d'embauche. On en voit des pubs à la TV, sur Internet... Soderbergh démontre les travers du milieu médical et des laboratoires pharmaceutiques, notamment concernant les effets secondaires de tous ces produits et, plus généralement, la surmédicalisation dans notre société.

Bande-annonce: 


Mais il ne faut pas se fier aux apparences ou à ce résumé simpliste. Alors qu'on pense l'intrigue toute ficelée, Soderbergh (ou plutôt son scénariste Scott Z. Burns) transforme ce film dans sa deuxième partie en un véritable thriller psychologique, vraiment plein de surprises. On ne sait plus à quel personnage se fier, les rebondissements sont multiples : c'est l'"effet secondaire" du film ! 

Le scénario est bien construit, les plans sont tous filmés avec soin et sobriété, les acteurs sont talentueux (Jude Law en psy déterminé, la jeune Rooney Mara joue étonnamment bien les dépressives, Catherine Zeta Jones en psy tordue).


Bref, c'est un film intelligent et prenant, avec un bon rythme, une superbe mise en scène, des rebondissements et de bons acteurs. Une bonne surprise.

Effets secondaires / Réalisé par Steven Soderbergh, scénario de Scott Z. Burns, avec Jude Law, Rooney Mara, Catherine Zeta-Jones, Channung Tatum, Vinessa Shaw. Sortie en France le 3 avril 2013.

vendredi 5 avril 2013

Belle découverte musicale avec Whitey et Strokes qui peut!

Whitey

Certaines séries comme Breaking Bad (lire mon billet du 12/05/2012 sur cette série iciont la particularité de proposer toujours des bandes sons bien choisies, permettant de découvrir ainsi de nouveaux groupes. C'est donc en regardant la dernière saison en français de Breaking Bad (enfin la première partie, puisque maintenant les producteurs font durer le suspense en coupant les fins de série en deux...) que le titre Stay on the outside a retenu mon attention. Un rapide coup de Shazam permet donc de découvrir Whitey et d'apprendre, après quelques recherches sur le net, que ce jeune homme est en fait un journaliste, graffeur et musicien londonien, qui a sorti ses premiers singles en 2003 avant de sortir 5 albums par la suite !


Le titre Stay on the outside est une pépite rock qui se rapproche des Strokes et de Bloc Party avec un rythme entêtant. Sa musique a été choisie pour la BO de plusieurs séries (les Experts, Les Soprano, Breaking Bad...) ce qui a permis à Whitey d'obtenir une certaine notoriété.


En écoute libre sur son site, ses derniers albums sont clairement plus pop tendance électro. Extrait de son dernier album (Lost Summer), on a envie de danser sur Brief and Bright et on se détend sur le super morceau People à la fois pop, électro mais calme.


et le titre Lost summer est là aussi beaucoup plus électro !

L'album Canned Laughter est lui plus rock. Le titre qui a donné le nom à l'album est d'ailleurs un morceau que je qualifierai d' "electro - rock - burlesque" assez étonnant :


Autres musiques qui sortent du lot : Liars, Vipers, Jokes and Fakes, le joyeux I had a wonderful night (it just wasn't this one). Mais le mieux c'est de tout écouter sur le site et de se faire sa propre idée.

Bref, une belle découverte musicale!

The Strokes, nouvel album

Et en parlant des Strokes, ces derniers viennent de sortir leur nouvel album. Comme beaucoup de groupes, une fois qu'ils ont commencé fort -avec notamment deux premiers super albums rock en 2001 et 2003-, on est souvent un peu déçu par la suite. Aussi, ce cinquième album, Comedown machine, me semble plus fade que les premiers opus, le groupe ayant pris un sérieux virage pop.


Dès l'écoute du premier titre, Tap Out, on se demande si ce sont bien les Strokes qu'on entend ! En effet, où est passée la voix rocailleuse de Julian Cassablancas? Le deuxième titre (All The Time) ressemble plus à du Stokes qu'on connait, avec leurs rythmes étirés et cette voix désabusée. C'est à mon sens le meilleur titre de l'album, même si on est loin des tubes des deux premiers albums.


Partners in Crimes ressemble aussi aux Strokes qu'on aime, mais avec un refrain très pop!
La chanson One Way Tiger n'est pas mal non plus, surtout quand on regarde en même temps cet extrait bien connu de Rabbi Jaccob, c'est vraiment drôle! Mais quelle drôle de voix aiguë a Julian Cassablancas là encore !


Les autres titres sont tous très "pop" comme Welcome to Japan, Chances, ou the 80' Comedown Machine titre interminable et un peu pénible... Quelques exceptions comme le titre 50/50 où le chanteur s'époumone carrément mais pour un résultat bien décevant. Ou Slow Animals où sa voix se fait aérienne et un peu lointaine.
Dans l'ensemble, c'est donc un album un peu décevant...

Et voilà comment faire un billet où l'on parle musique tout en citant Breaking Bad et Rabbi Jaccob !

- Whitey : tous les titres en écoute sur son site njwhitey.bandcamp.com

mercredi 3 avril 2013

Embarquement dans une comédie déjantée!

Les amants passagers

On dirait que Pedro Almodovar s'est fait plaisir sur ce film, comme s'il avait décidé de se lâcher et de faire un film complètement loufoque et déjanté pour décompresser du non moins décalé mais oppressant Le Piel que Habito. Loin des magnifiques films que furent Parle avec Elle, Tout sur ma mère et Volver, Almodovar a réalisé ici une pure comédie, légère et décalée.

Les amants passagers est un film... passager : celui-ci ne va pas marquer la filmographie d'Almodovar mais il n'est pas non plus déplaisant à regarder.


L'histoire : un avion devant assurer la liaison Madrid-Mexico doit faire face à un problème technique. En attendant d'avoir les instructions pour atterrir en urgence, l'appareil tourne en rond au dessus de La Mancha en Espagne... Afin de ne pas éveiller les soupçons des passagers, le personnel constitué de stewards gays complètement barges et de pilotes à l'air très sérieux (mais à l'air seulement!) ont endormi les passagers de la classe éco. Seuls quelques passagers de la Business Class finiront par découvrir le problème technique. Tous sont des personnages hauts en couleurs comme les aime Almodovar : une voyante d'une quarantaine d'années qui a un sixième sens pour détecter la mort et cherche à perdre sa virginité, une bourgeoise paranoïaque, un étrange mexicain, un homme d'affaire à la recherche de sa fille, un vieux play-boy qui jongle entre ses maîtresses et un couple de jeunes mariés. Tous ont un secret que l'on va découvrir au court de ce court voyage.


Afin de détendre l'atmosphère et d'occuper les passagers, les stewards mettent une ambiance de folie,  digne d'une fin du monde, qui sera vite communicative : un mélange d'alcool, de drogues et de sexe ... Si Almodovar ne fait pas dans l'humour très classe (c'est le moins qu'on puisse dire!) je dois bien reconnaître que ces stewards excentriques m'ont bien fait rire, notamment lors de leur chorégraphie sur la musique des Pointer Sister (I'm so excited) !


Cela m'étonnait que Peneloppe Cruz et Antonio Banderas, ses acteurs fétiches, ne soient pas en tête d'affiche. Mais Almodovar n'a pas pu résister à leur présence et leur a dédié une courte scène au début du film.

Bande annonce:

Le scénario ne casse pas des briques. Mais pour un huis-clos dans un avion Almodovar s'en sort plutôt bien (en parallèle il y a quand même quelques scènes qui se passent quelque part dans Madrid). Il parvient à maintenir un certain suspense en dévoilant au fur et à mesure les secrets improbables de ses personnages. Ce sont surtout les situations cocasses, l'humour trasch et l'ambiance kitch qui font des Amants passagers un bon divertissement. Mais, attention, il faut prendre ce film au dixième degré, toutes les situations sont plus dingues les unes que les autres et les personnages complètement caricaturaux !

De plus, la bande son est bien choisie, avec notamment un super morceau au générique de fin : (The Look) de Metronomy.
Dans l'ensemble, c'est donc un film moyen mais sympathique.

dimanche 31 mars 2013

Pom pom pidou

Visite du Centre Pompidou Metz

Après en avoir beaucoup entendu parlé, j'ai pu visiter dernièrement le centre Pompidou de Metz qui a ouvert en mai 2010. Situé à coté de la gare, le bâtiment est visible de loin et se démarque par une architecture originale.

Le bâtiment :

Les architectes Shigeru Ban et Jean de Gastines ont dessiné un toit en toile blanche sur une charpente en bois et l'ensemble constitue un bâtiment lumineux. Ce premier exemple de musée décentralisé ressemble ainsi a une sorte de temple de la culture moderne.



A l'intérieur, l'ossature en bois clair donne un coté chaleureux. Toutefois, j'ai été frappée par le grand nombre d'espaces vides à l'intérieur, déjà un immense hall d'accueil où la température frôle celle de l'extérieur (et où le personnel travaille avec pulls et écharpes !) et seule la moitié de l'espace d'exposition semble utilisée.


Par contre, si architecturalement l'ensemble est sympa, cela n'a pas l'air hyper solide puisque le toit en toile blanche s'est en partie écroulé sous un amas de neige ! 


Les expos : 

L'exposition s'intitule "Une brève histoire des lignes". "Élargissant la définition stricte du dessin, elle (l'exposition) explore la manière dont les lignes s’inscrivent dans notre quotidien et notre environnement. Qu’elles soient pérennes ou éphémères, physiques ou métaphoriques, elles sont omniprésentes : dans le geste de l’écriture, les sillons du paysage ou encore le sillage laissé par nos gestes et trajectoires." C'est en partie le minimalisme qui est à l'honneur, mais pas seulement. Cette exposition regroupe 220 œuvres et beaucoup de pointures comme Kandinsky, Marcel Duchamp, Man Ray  pour les plus connus, les autres artistes m'étant inconnus. L'omniprésence de lignes, de traits, qui définissent une bonne partie de la création contemporaine, c'est ce qui est démontré ici.

Si certains tableaux me laissent perplexe (J'avoue ne pas être béate d'admiration face à une toile blanche traversée de quelques lignes noires...), certaines oeuvres ont quand même retenu mon attention.

Léon Ferrari et ses héliographies "architectures de la folie". Cette toile représente des petits personnages vus d'en haut dont la ligne semble toute tracée.


Olafur Eliasson et ses tableaux noirs avec des lignes blanches qui font penser à des oscillogrammes ; des tableaux qui ressemblent plus à des photos :


Kisho Kirukawa est un architecte japonais qui s'inspire du fonctionnement du corps humain pour ses oeuvres où les lignes ressemblent à des artères. D'où ces esquisses dignes d'une école de médecine :


L'étonnante oeuvre gigantesque de Christo et Jeanne-Claude, artistes célèbres pour leurs empaquetages géants. Ils ont réalisé une ligne de voile haute de 5,5 mètres qui s'étale sur 40 km dans les collines californiennes!



Ou encore les 51 photos de bottes de l'américaine Ellanor Antin. Elle a photographié une centaine de bottes  formant des lignes dans des lieux divers et insolites en 1973. Toutes les photos (plus originales les unes que les autres !) sont visibles sur ce site.


Bruce Conner et ses tableaux sombres constitués de milliers de points et de lignes recourbés. Sans trouver cela beau, on peut quand même être étonné par le temps qu'il a dû passer à faire ces fresques géantes...


Cette fresque murale géante constituée de milliers de lignes fait penser à la sève d'un arbre.


Expo Sol LeWitt

La seconde exposition est consacrée à l'artiste américain conceptuel et minimaliste Sol LeWitt (1928-2007) et présente ses oeuvres murales constituées de lignes. De prime abord on est un peu surpris de voir que ces oeuvres sont en fait une série de lignes et de formes géométriques en tous genres.


Un mur contenant des dizaines de carrés constitués eux même de carrés tous différents...


De grands murs de lignes circulaires ou droites noires et blanches produisant un effet hypnotisant :





A la fin de l'exposition, un film explique comment a été réalisée cette exposition par les élèves des écoles d'art de la région. Ceux-ci ont suivi fidèlement les conseils du chargé d'exposition qui s'appuie sur le travail et les mesures ultra-précises qu'a prises l'artiste pour réaliser ces grandes fresques. Celles-ci ont été reproduites à l'identique sur les murs du centre Pompidou - Metz. Cette vidéo est vraiment intéressante mais je trouve qu'il serait plus judicieux de la voir au début de l'exposition pour mieux comprendre les œuvres ensuite !

Ces deux expositions sont visibles jusqu'au 1er avril.
Les prochaines expositions :
- à partir du 17 mai "Vues d'en haut" une exposition consacrée aux images aériennes ;
- à partir du 31 mai, une exposition numérique consacrée à la Beat Generation.

Centre Pompidou Metz
1, parvis des Droits-de-l’Homme
CS 90490
57020 Metz Cedex 1
Tél : +33 (0)3 87 15 39 39

mercredi 27 mars 2013

La généalogie au service de la police

Code 1879

Dan Waddel est un journaliste anglais, fils d'un célèbre animateur de TV. Lors de la naissance de son fils il y a 10 ans, il s'est lancé dans des recherches généalogiques sur ces origines et a découvert un secret de famille.  Il s'est intéressé de plus près à la généalogie et en particulier à la psycho-généalogie, c'est à dire à l'influence que peut avoir le passé sur la construction de soi et la personnalité. Il s'est ensuite lancé dans l'écriture et a publié ce premier roman policier, plutôt réussi, en  2010.

Cette brève présentation de l'auteur explique le sujet de son premier ouvrage, Code 1879. C'est un roman policier qui nous plonge dans les abîmes de Londres. Un roman noir, très bien documenté, qui fourmille de références historiques sur la capitale britannique. 


L'inspecteur Foster, bougon et solitaire, doit faire face à des meurtres étranges : des victimes sont retrouvées poignardées et mutilées et sur leurs corps figurent d'étranges inscriptions... Ne parvenant pas à résoudre ce mystère seul, l'inspecteur fait appel à un généalogiste, Nigel Barnes, sur les conseils de sa collègue Heather. Celui-ci va les aider à éclaircir ce mystère et sera vite passionné et emporté par tout ce qu'il va découvrir. Ensemble, ils remarqueront alors qu'un série de meurtres a frappé Londres en 1879 et que le passé semble se reproduire aujourd'hui.

Dan Waddel nous plonge dans l'Angleterre victorienne, à la fin du 19ème siècle. Le roman est truffé de références à l'histoire et aux moeurs de l'époque. C'est un livre original puisqu'ici l'enquête avance principalement grâce aux recherches généalogiques. Loin des scènes d'action de nombreux romans policiers, ici c'est l'étude de coupures de journaux, d'actes de naissances, de mariages ou de décès dans des salles d'archives ou des bibliothèques qui permettront de résoudre le mystère.

En plus d'une enquête passionnante, ce roman brosse un portrait de deux hommes influencés par leur passé : l'inspecteur  Foster hanté par la mort de son père mais ne s’intéressant pas du tout à la généalogie et ignorant tout de ses origines et Nigel Barnes le généalogiste, adopté, il ne connait rien de ses origines et se passionne donc pour le passé des autres... Tous deux seront touchés de prêt par cette affaire.

Finalement, ce n'est pas une, mais deux intrigues policières qui seront résolues grâce à la généalogie. Tout au long du roman, on a hâte de savoir quel est le lien entre ces deux affaires que 150 ans séparent ! Un roman  vraiment bien construit et une fin surprenante !
L'auteur parvient à maintenir le suspens tout au long de l'histoire. Sans être non plus exceptionnel, c'est un bon roman policier qui donne une place royale à la généalogie!

lundi 25 mars 2013

Quand l'espionnage frôle l'introspection.

Voici encore une série d'espionnage dans la société américaine post 11 septembre. Mais celle-ci date de 2009 et donc bien avant Homeland
Rubicon, c'est une seule saison comprenant 13 épisodes de 45 minutes environ. Faute d'audience, elle n'a malheureusement pas eu de suite...
Une série originale qui se distingue par un style sobre, des personnages tourmentés et authentiques, un rythme lent mais qui parvient à maintenir un suspense permanent.



On est plongé au coeur de l'API, une agence privée qui fournit des renseignements au gouvernement dans le domaine de la lutte anti terroriste. On suit le travail minutieux d'une équipe d'analystes qui  fouillent des milliers de données pour trouver l'information leur permettant de déjouer un prochain attentat. Mais ici le travail c'est de la réflexion, de l'analyse, leur outil de travail c'est leur cerveau et non les derniers gadgets technologiques. Le temps n'est pas à la précipitation mais à l'introspection. Rubicon est avant tout une série cérébrale.

La série s'ouvre sur le suicide d'un vieil homme qui laisse un trèfle à quatre feuilles sur son bureau... Une énigme pour sa femme qui cherchera à comprendre ce qui l'a poussé à un tel geste.
Quelques jours plus tard c'est le chef d'équipe de l'API et mentor de Will Travers qui meurt dans un accident dramatique. Will découvre des indices laissés par ce dernier avant sa mort qui lui laisse penser que cet accident n'en était peut être pas un. Comme par exemple d'étranges mots croisés parus dans les journaux... Il décide d'enquêter secrètement sur la mort soudaine de son ami. Cependant, il va vite se rendre compte qu'il ne doit faire confiance à personne, tout le monde devient suspect dans ce qui semble être une terrible machination... En parallèle, Will prend la place de son ami défunt en tant que chef d'équipe d'analystes de l'API et poursuit sa quête officielle qui est la traque de terroristes. 

Trailer :

Dans cette série, on est plongé dans le quotidien de ces agents secrets névrosés, débraillés et en manque de sommeil, bien loin de l'image du James Bond en costar-cravate ou d'un Jack Bauer sautant dans tous les sens. Un patron de l'API complètement cynique et désabusé, de multiples énigmes, des personnages ambigus, une paranoïa permanente...


Les protagonistes sont présentés avec leurs doutes et leurs faiblesses. On s'attache par exemple à cette nouvelle analyste qui a du mal à assumer les conséquences qu'implique son travail. Un passage mémorable de cette série est lorsque l'équipe de 4 analystes doit, d'après les faits, confirmer si oui ou non un terroriste se trouve dans un village au Proche-Orient, leurs conclusions impliquant la frappe d'un drone piloté à des milliers de km de là qui anéantira le village, causant alors la mort de nombreux civils (nommés avec froideur  "dommages collatéraux"). Un dilemme entre rigueur professionnelle et morale. Ou comment le sort de dizaines de civils au Proche-Orient dépend de quelques analystes new-yorkais.

Une série toute en retenue, une réalisation sobre mais oppressante, un scénario rigoureux mais qui fait réfléchir car les silences en révèlent autant que les dialogues. On se laisse vite prendre au jeu de cette double intrigue (l'enquête officielle sur les terroristes et  la recherche du complot) profondément ancrée dans le monde réel.

Autant prévenir qu'on ne ressort pas vraiment optimiste à la fin de cette série : tout y est noir, cynique, joué d'avance... 

Et pour la petite histoire, la série porte ce nom en référence à un petit fleuve au nord de l'Italie nommé Rubicon. Jules César fit traverser ce fleuve à son armée en - 49 avant J-C malgré l'interdiction du Sénat Romain de le traverser. Par cet acte il déclara la guerre au Sénat. Au moment de traverser le Rubicon, il s'exclame : "Anerrifthô Kubos" ce qui signifie "le sort en est jeté". Désormais, plus rien ne peut arrêter Jules César : il entrera dans Rome, évincera Pompée et, au terme d'une longue guerre civile, soumettra l'ensemble de l'Empire romain en devenant dictateur à vie.

Une métaphore bien trouvée que l'on comprend d'autant plus à la fin de la saison.

Rubicon / série américaine réalisée par Jason Horwitch (2010). - Avec James Badge Dale, Jessica Collins, Lauren Hodges...